Transport et onirisme

Date limite 1er novembre 2017

Depuis 2010, Verticale — centre d’artistes (VCA) développe une programmation hors les murs accessible en différents points d’intérêt de l’île Jésus. Sans être complètement nomade, VCA se déplace néanmoins pour chacun de ses projets. Seul centre d’artistes dans le vaste espace lavallois, sa mobilité est devenue à la fois une réalité organisationnelle, une position artistique et une condition de création. VCA circule donc, comme la majorité des habitant·e·s et des travailleur·euse·s de Laval, sur un réseau routier qui domine les paysages1 et façonne les modes de vie2. C’est ainsi qu’une relation de tension paradoxale entre l’environnement et lui semble s’être installée. Le mouvement s’est imposé en tant qu’enjeu majeur3 ; un peu comme si les normes du transport entendu au sens strict freinaient l’élan du transport entendu au sens figuré, celui qui s’éprouve vivement. Le déplacement physique, qui conduit vers l’ailleurs et autorise la transformation, en est ainsi venu à revêtir un caractère onirique, qui concerne davantage une évasion de l’esprit.

Dans cette perspective, en route vers d’autres lieux et non-lieux4, VCA appelle les artistes à s’adonner aux prémonitions ou à l’examen de l’économie fantasmatique du transport. Le rapprochement, bien qu’équivoque, entre le déplacement et l’onirisme résonne fortement dans l’imaginaire social. Il se ramifie dans différents domaines de la science et de la culture (économie, ingénierie, urbanisme, psychologie, psychanalyse, anthropologie, mythologie, culture populaire, science-fiction, marketing, design, etc.)5.

Quels rêves et désirs, quelles utopies et quelles dystopies d’hier et d’aujourd’hui sous-tendent les conquêtes, les projets, les réseaux de circulation, les véhicules, leurs industries6 et leurs phénomènes vernaculaires ? Les nombreuses lubies qui ont marqué et continuent de porter l’histoire américaine — comme l’impérialisme spatial7 8 9  et guerrier, le mythe pionnier10, la prospérité banlieusarde11 12 13 14 15 16, la libre circulation du capitalisme globalisé17 — relèvent bien d’idéologies à laquelle l’art peut répondre18 19 20 21 22. En tant qu’expression de l’inconscient, le rêve permet une évaluation du passé, une digestion mentale de la réalité vécue, individuelle ou collective23. Car l’onirisme comme mouvement de pensée ouvre aussi sur une temporalité du futur, celle de l’imagination, de l’idéation, de l’anticipation. Faire se mouvoir le monde, dévier la linéarité du progrès de paradoxes et de perplexités, voilà la grande force d’une posture qui embrasse le transport imaginaire, la spéculation, le surréel. Comme l’art, il engage les potentialités d’une multitude de chemins24.

VCA invite les artistes émergents, en mi-carrière ou établis à soumettre leur projet.

Présentement en transition vers des installations pérennes, VCA offre aux professionnel·le·s des arts de Laval et du Québec un cadre incomparable où élaborer leur processus de création dans une perspective critique ou poétique, en investissant un territoire donné. Pour lire sur l’historique, la mission et le mandat du centre, cliquez ici.

Dans un souci d’inclusivité et de meilleure représentativité, VCA encourage fortement le dépôt de dossiers d’artistes sous représenté·e·s ou peu représenté·e·s dans le milieu des arts.

1 TARKOVSKY, Andreï. (1972). Solaris.

2 PAVLOV, Pavel. (2009). Every Bit of Landscape Beyond the Cloverleaf Interchange (Frankfurter Kreuz, Frankfurt, Germany).
3 « Dans la Suburbia, on ne marche pas, on conduit. La ville n’est plus à toucher et à sentir comme dans la flânerie, mais à distance, le lieu où la familiarité va sortir de l’étranger, mais aussi la folie et la totale singularité du plus proche, comme dans l’œuvre de J. G. Ballard. » BEGOUT, Bruce. (2013). Suburbia. Paris : Éditions Inculte, p. 46.
4 « Si un lieu peut se définir comme identitaire, relationnel et historique, un espace qui ne peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique définira un non-lieu. » AUGÉ, Marc. (1992). Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité. Paris : Le Seuil, p. 100.
5 ICI Radio-Canada Première. (24 juin 2017). « Les transports ». Bienvenue en 2067 [en ligne].
6 DOSTALER, Isabelle. (23 septembre 2013). « Le rêve de Bombardier ». La Presse [en ligne].
7 NASA. (2017). « Journey to Mars Overview » [en ligne].
8 DECOURT, Rémy. (20 avril 2017). « Mission humaine vers Mars : Trump veut y aller avant 2024, 10 ans avant les plans de la Nasa ». Futura Sciences [en ligne].
9 http://www.cosmodome.org/
10 VIGNEAULT, Louise. (2011). Espace artistique et modèle pionnier. Tom Thompson et Jean-Paul Riopelle. Montréal : Éditions Hurtubise, 487 p.
11 « Contraste : c’est aux entrées des villes, dans l’espace morne des grands ensembles, des zones industrialisées et des supermarchés, que sont plantés les panneaux qui nous invitent à visiter les 4 monuments anciens ; au long des autoroutes que se multiplient les références aux curiosités locales qui devraient nous retenir alors que nous ne faisons que passer. » AUGÉ, Marc. (1992). Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité. Paris : Le Seuil, p. 94-95.
12 BEGOUT, Bruce. (2004). L’Éblouissement des bords de routes. Paris : Éditions Verticales, 144 p.
13 Selon les données de Statistique Canada et l’Institut de la statistique du Québec, Pélican International Inc. (http://www.pelicansport.com/fr/propos-de-nous/qui-sommes-nous), une compagnie de conception et de fabrication de kayaks, de canots, de pédalos et de bateaux de pêche, serait l’un des 5 plus grands employeurs du secteur privé de Laval, avec 400 employé·e·s. Aussi, les « services moteurs » constitueraient le 2e plus grand secteur d’activité à Laval, représentant 25,8 % de celles-ci. Voir CHAMPAGNE, Stéphane. (30 mars 2017). « L’économie lavalloise en chiffres ». La Presse [en ligne].
14 ST-AMOUR, Stéphane. (28 septembre 2011). « Un leader de l’aéronautique choisit Laval ». Courrier Laval [en ligne].
15 Ville de Laval. [s. d.]. « De bonnes nouvelles dans le secteur de l’aéronautique pour Laval » [en ligne].
16 À propos d’un projet pour l’ancien cinéparc Laval situé en bordure de l’autoroute 15, voir MAYRAND, Claude-André. (27 novembre 2013). « L’ancien cinéparc transformé en chinatown de luxe ». TVA Nouvelles [en ligne].
17 LAURENT, Jeanpierre. (2015). « Capitalisme et gouvernement des circulations ». Dans Marx & Foucault. Lectures, usages, confrontations. Paris : La Découverte, « Recherches », p. 213-227.
18 PELLETIER, Vicky (2014). « Circuler et habiter dans l’œuvre de J.G. Ballard : Société, urbanité et fiction ». Thèse de doctorat en Études littéraires, Université du Québec à Montréal [en ligne].
19 « Vermilion Sands est la banlieue exotique de mon esprit », disait J. G. Ballard de son œuvre. Voir Vermillon Sands (1971) ainsi que les romans de la « trilogie de béton » :
Crash ! (1973), L’île de béton (1974) et I.G.H. (1975).
20 RAJOTTE, Nelly-Ève. (2016). Claustrophobie des grands espaces.
21 HAYEUR, Isabelle. (2012). Castaway.
22 VIKERD, Brandon. (2013). Sputnik Returned.
23 « L’imaginaire social est ce rêve éveillé que les membres d’une société font, à partir de ce qu’ils voient, lisent, entendent, et qui leur sert de matériau et d’horizon de référence pour tenter d’appréhender, d’évaluer et de comprendre ce qu’ils vivent ; autrement dit : il est ce que ses membres appellent la réalité. » POPOVIC, Pierre. (2013). La mélancolie des Misérables. Essai de sociocritique. Montréal : Le Quartanier, « Erres Essais », p. 29.
24 « Imagination is the shortest route between any two conceivable points. » J.G. Ballard en entrevue : « 1984 : Thomas Frick ». Dans SELLARS, Simon et Dan O’HARA (éd.). (2012). Extreme Metaphors. Selected Interviews with J. G. Ballard, 1967-2008. Londres: Fourth Estate, p. 188.

Diffusion des projets artistiques : entre avril 2018 et mars 2019

CE QUE VCA OFFRE À L’ARTISTE SÉLECTIONNÉ·E :
— Soutien à la coordination, à la diffusion et à la promotion du projet
— Documentation photographique
— Droits d’exposition
— Participation aux frais de montage et de production
— Participation à la rémunération des techniciens
— Participation aux frais de transport et de déplacement

La spécificité de VCA étant de diffuser hors les murs, le centre reçoit des projets qui, proprement in situ ou non, réfléchissent au(x) lieu(x) de diffusion dès leur conception. Par conséquent, il est attendu des artistes qu’ils accompagnent le Centre dans son travail de prospection, et ce, de manière à ce que les lieux de diffusion choisis soient signifiants pour chaque projet et pratique individuelle.

En tant qu’organisme de bienfaisance enregistré, VCA cherche autant que possible à trouver, lorsque les projets le demandent, des espaces de diffusion sans frais ; autrement, les frais de location seront couverts avec les budgets de production des projets.

FORME ET CONTENU DU DOSSIER :
— Description du projet
— Texte de démarche
— CV à jour
— Documentation visuelle et liste de références
— Photographies : maximum 10 en format JPG
— Audio et vidéo : maximum 7 minutes en lien(s) externe(s)
— Autre documentation pertinente au besoin (publications, revue de presse, liens vers sites web, calendrier projeté, budget, etc.)

Veuillez fournir un fichier compressé contenant les pièces mentionnées ci-dessus (le fichier zip devra faire au maximum 10 Mo). Annexez-le au formulaire en ligne, disponible sur : verticale.ca

Les dossiers doivent être déposés en ligne.

Les dossiers reçus par la poste ne seront pas évalués.

Pour télécharger l’appel, cliquez ici.
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Informations





Verticale — centre d’artistes est soutenu au fonctionnement par le Conseil des arts et des lettres du Québec et Ville de Laval.