Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer

Dans le cadre de la 2e édition du programme de laboratoire-résidence

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Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer, 2016. Vue du site avant l'intervention. Photo : Valéry Pelletier
Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer, 2016. Photo : Alexis Bellavance
Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer, 2016. Photo : Alexis Bellavance
Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer, 2016. Photo : Alexis Bellavance
Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer, 2016. Photo : Alexis Bellavance
Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer, 2016. Photo : Alexis Bellavance

Dates : du 30 avril au 1er mai 2016

Lieu : terrain derrière la station Montmorency, entre boulevard Le Corbusier et rue Lucien-Paiement

Présentation de l’œuvre et du travail de laboratoire-résidence par l’artiste et le mentor :
samedi 30 avril 2016, à 15 h 30

 

Verticale — centre d’artistes est heureux d’inviter le public à la présentation du projet de Valéry Pelletier, Attendre la fin pour recommencer, développé dans le cadre de la 2e édition de son programme de laboratoire-résidence. Le mentorat, assuré cette année par l’artiste Marc-Antoine K. Phaneuf, a été l’occasion pour Valéry Pelletier d’explorer les rapports entre le récit textuel et le photographique, déjà inhérents à son travail, à partir de son intérêt pour la fiction post-apocalyptique. En concordance avec la spécificité du mandat de Verticale, Attendre la fin pour recommencer est un projet hors les murs, ancré dans le territoire lavallois.

Verticale offre à l’artiste en résidence : 
dix-huit heures de mentorat, de l’assistance technique professionnelle, la documentation du travail, la location d’équipement, le transport et l’accueil et la promotion pour la présentation du projet.

 

Intention

Je souhaite soulever l’intérêt d’un site qui bientôt disparaitra. Il s’agit de l’espace situé entre le boulevard Le Corbusier et la rue Lucien-Paiement. Ce terrain situé derrière le métro Montmorency est entouré de centres commerciaux, de bâtiments résidentiels et deviendra la Place Bell d’ici quelques années. Ce grand terrain vague est divisé en trois sections par deux rues qui relient la station de métro aux commerces et à l’autoroute des Laurentides. Sur la section au sud, il y a l’aréna en construction et au nord les condos Urbania (Phase 2). Celle du centre est encore en friche pour l’instant. Ce lieu agit comme un contraste poétique dans son environnement urbanisé. Un site au relief plat qui n’avait aucune fonction économique durant plusieurs années, où l’on y trouvait que des herbes sauvages, des cailloux, des bouts d’asphalte, des morceaux de verre et autres déchets amenés par le vent ou lancés par des passants.

J’ai l’intention d’intervenir temporairement sur le site qui n’est pas encore en développement en déployant une série d’objets photographiques dans l’espace. En considérant son passé, son présent et son avenir, je proposerai les indices d’un récit fictionnel inspiré de son contexte. Par mes interventions et la qualité du site en soi, je veux relever l’effet inquiétant de sa disparition imminente. Que ce soit sur son rapport au site en général que sur les interventions temporaires, je souhaite que ces objets photographiques intriguent le regardeur. Agissant comme une forme de « pré-deuil » du lieu, mes interventions se présentent comme des ruines d’un temps incertain. Le passant peut désirer s’avancer dans la friche pour aller voir de plus près, se questionner sur l’origine de ces objets ou bien vaquer à ses occupations. Ces interventions sont visibles à partir de l’aire d’attente de la station de Métro Montmorency. En tant qu’ex-usagère de cette aire d’attente le changement du décor par les travaux m’évoque une forme de nostalgie. Mes interventions interrogent le concept de survie du site dans la mémoire, thématique qu’on peut retrouver dans la fiction post-apocalyptique.

— Valéry Pelletier

 


 

Attendre la fin pour recommencer

Une fiction post-apocalyptique composée dans le sillage du projet de laboratoire-résidence. Par Valéry Pelletier.

Sur le seuil de la porte d’entrée, Myriam supplie sa mère d’ouvrir. La jeune fille supporte mal l’odeur du métal qui lui donne la nausée et cela fait presque trois semaines qu’elle n’a pas vu la lumière du soleil.

Ici, toute source de luminosité est halogène et donne une couleur chaude à la pièce dans laquelle les deux femmes doivent cohabiter encore pour une durée indéterminée. Sa mère lui rappelle que le soleil n’est plus comme avant et qu’il vaut mieux attendre la relocalisation, même si, le cas échéant, leurs chances de survie seront minces.

Les hélices s’activent, leur bruit sourd remplis l’espace, la ventilation aspire l’air usée par de longs tubes à leur embouchure. Les lumières principales s’éteignent, c’est l’heure de la mise en veille. Myriam prend un comprimé pour dormir et s’allonge sur son lit. Quelques dessins et photographies de vacances sont accrochés au mur, c’est tout ce qui lui reste d’avant, ça et ses souvenirs. La chaleur du soleil de juillet et la délicate fraicheur qu’apportaient ses soirées.

Avant, elle passait ses journées dans la cour extérieure où elle s’allongeait dans l’herbe fixant les nuages; les fourmis, agitées, se déplaçaient sur son ventre, pressées d’atteindre leurs destinations.

Ici, c’est loin de ressembler à juillet ni à n’importe quel mois de l’année d’ailleurs. Ici, les mois sont tous les mêmes, malgré toutes ces histoires grandioses qu’on lui a racontés sur le monde, sur ce qu’il a été et ce qu’il devait être.

En regardant ses images aux murs elle s’endort et rêve d’une journée allongé sur l’herbe comme avant; maintenant il faut attendre la fin pour recommencer.

 


L’activité est rendue possible grâce au soutien de
 ville de Laval et du Ministère de la Culture et des Communications du Québec,
 dans le cadre de l’Entente de développement culturel 2013-2015.


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Carte

Valéry Pelletier — Attendre la fin pour recommencer

Station Montmorency, Laval, QC, Canada